Jean-Yves Reuzeau

Comment serrer le diaphragme

Nappes de sons. Salve de silence. Nuit dilatée.

Les danseurs s’éveillent à l’aube. Muscles tendus.

Dans un tournoiement de lumière. De souffle.

Les notes palpitent. Rythme infini derrière les yeux

Clos. C’est pour oublier. Écarter la mort si proche.

Pour passer un nœud coulant au cou du désespoir.

Car les matins reviennent. Les ombres s’absentent.

Nous sentons leur souffle peser sur nos nuques.

Leurs doigts insistants appuyer sur nos vertèbres

Comme sur les touches cuivrées d’un saxophone.

Là où nous cherchons une brèche dans la langue.

Un vibrato. Un mystère tremblant. L’écho virtuose

Des vertiges. Des arpèges. Le cri des instruments.

Osiris 85, 2017

Leave a comment