Cécile A. Holdban

BOIS NOIRS, AU PASSAGE

Aux monts des Bois noirs, comme seins
où s’accrochent les longs nuages,
les collines de résine exsudée
la zébrure ocre sur les flancs
des coteaux, dont le schiste gris
et granite s’agrègent dans
l’instrument de siècles lents
quelques prés enchâssés verdoient
un peuplier pâle serré
entre les troncs sonores des sapins
deux vaches couchées soufflent
au pâturage bordé de ronciers,
vers Les Salles, ballots sur la pente,
vagues d’herbe, puis au col
une buse aiguise sa voix :
la mante, mains jointes
prie, à l’envers sur un épi,
ses antennes tournées vers la terre
en pressentent et prédisent les failles.

OSIRIS 97

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