Marc-André Villeneuve

La voix ne meurt jamais.

PAGE BLANCHE

fourmis sur le plancher en bois

porte entre-ouverte

s’égare une hirondelle

le grand fleuve charrie des vagues

la houle nous soulève 

jusqu’au firmament des heures

mouvement perpétuel

nous sommes essoufflés

au désert d’une page blanche

où ne s’épanouit aucune palmeraie

buée sur la vitre    herbe en appel d’air

l’aube retarde le jour

aucun détour n’est possible

la hâte suit un chemin de hasard

parmi les épis de blé

les feuilles de bouleau

l’espoir du bruant chanteur

fenêtre ouverte 

je glisse doucement

(comme en tes bras)

vers un ciel étoilé à l’infini

flaque de soleil sur le parquet 

sur la table des jours

s’étiole un bouquet de roses

je perds quelque chose

(les élans de mon cœur

ma respiration)

comme les clôtures en bordure des champs

ne retiennent aucun vent

ni le vent les oiseaux




Leave a comment