La voix ne meurt jamais.
PAGE BLANCHE
fourmis sur le plancher en bois
porte entre-ouverte
s’égare une hirondelle
le grand fleuve charrie des vagues
la houle nous soulève
jusqu’au firmament des heures
mouvement perpétuel
nous sommes essoufflés
au désert d’une page blanche
où ne s’épanouit aucune palmeraie
buée sur la vitre herbe en appel d’air
l’aube retarde le jour
aucun détour n’est possible
la hâte suit un chemin de hasard
parmi les épis de blé
les feuilles de bouleau
l’espoir du bruant chanteur
fenêtre ouverte
je glisse doucement
(comme en tes bras)
vers un ciel étoilé à l’infini
flaque de soleil sur le parquet
sur la table des jours
s’étiole un bouquet de roses
je perds quelque chose
(les élans de mon cœur
ma respiration)
comme les clôtures en bordure des champs
ne retiennent aucun vent
ni le vent les oiseaux
